"Chine, on te regrettera"
- 21 oct. 2015
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Nous nous levons à 7h45, plions nos affaires. Nos disons au revoir au gérant puis sortons dans la rue. Manu s'occupe d'acheter de quoi déjeuner à la pâtisserie (boulette, muffin et yaourt) puis on descend en direction de la gare routière.
On achète nos tickets (eh oui, impossible de les acheter à l'avance car il y a apparemment toujours de la place) et on prend notre petit déjeuner sur les sièges de la gare.
On décide de monter dans le bus un peu en avance, comme il est déjà là. Grande première, il n'y a pas de tapis roulant et de détecteurs où nous devons d'habitude poser nos sacs. Nous passons la porte et nous installons sur les sièges derrière le chauffeur.
Heureusement qu'on est venus en avance, car finalement il n'y a pas assez de place pour tout le monde ! Le chauffeur a dû vendre des tickets en plus de son côté, car il y a plus de passagers que de sièges. Mais il en faut plus pour arrêter un chinois ! L'un deux s'assoit sur un carré de mousse entre nos pieds et le siège du chauffeur, un autre se glisse entre deux passagers à l'arrière (qui sont donc 6 au lieu de 5) et enfin le dernier s'assoit sur un gros seau dans l'allée. Il s'agit de celui qui gère ce business (en collaboration avec le chauffeur?) : il fait payer les gens, en fait monter, en fait descendre...
Nous partons enfin, et commençons à descendre de notre montagne. Peu après notre départ, nous arrivons derrière un cortège : il y a un enterrement. Contrairement à chez nous, le cortège comprend tout d'abord des hommes avec d'immenses décorations faites de papier d'argent, doré, coloré. Sur des longs manches, certaines font plusieurs mètres de haut, certaines ressemblent à des rosaces.
A la suite de ces hommes, dix personnes soulèvent le cercueil posé dans une sorte de brancard : un long morceau de tissu rouge accroché à deux bambous posées sur les épaules des hommes. Le cortège n'a pas l'air triste, c'est étrange. Ils vont probablement dans un coin de la montagne où la personne sera entourée par les arbres, les oiseaux, les animaux...
Au loin, nous voyons les villages où nous avons marché avant-hier. Arrivés près de la vallée, un bouchon nous arrête net. L'immense file de voitures qui nous précède ne nous permet pas de voir ce qui se passe. Nous sortons sur la route, observons les bananiers, patientons comme nous pouvons. Au bout de 30 min, on redémarre. Il s'agissait en fait d'un énième éboulement sur la route, et un tractopelle était occupé à évacuer la terre présente sur pour libérer les voies. C'est fou le nombre d'éboulement que l'on peut voir, alors qu'il y a des centaines de bananiers sur ce même flanc de montagne. Ils ne doivent pas avoir de grandes racines pour que le sol parte aussi facilement.
Nous arrivons à la dernière grande ville que nous avions croisée à l'aller. Deux passagers descendent. Déjà ? A la sortie de la ville, il y a un contrôle de police. Il doit y avoir plus souvent des étrangers dans cette région parce qu'enfin ils paraissent savoir quoi faire de notre passeport ici !
Nous repartons, et nous arrêtons 500 mètres plus loin. Troisième pause, alors qu'on vient de partir. Le trajet va être long ! En réalité, nous attendons les deux hommes descendus avant. Le contrôle passé, ils nous rejoignent. Le pire, c'est que cette comédie se reproduira au cours du voyage !
La route suit le fleuve pendant presque la totalité du trajet. Nous pouvons observer des champs de bananiers sur chaque morceau de terre exploitable. Nous arrivons à Hekou, ville frontalière du Vietnam, nous aurons mis 5h20.
La gare routière est à l'extérieure de la ville, mais un plan nous indique que la ville est toute petite et qu'elle n'est pas très loin. Nous y allons à pieds. Nous nous rendons alors compte que le climat a énormément changé : nous qui étions en altitude, nous nous retrouvons avec une chaleur moite terrible. Avec nos chargement (gros sac sur le dos et petit sac sur le ventre), nous sommes en sueur.
Nous arrivons vers la ville, c'est magique. Juste de l'autre côté du fleuve, c'est le Vietnam ! Nous voyons des collines de verdure et quelques bâtiments.
Nous trouvons une chambre et y posons nos affaires. Il y a la clim, c'est génial.
Nous avons besoin de changer les yuans qui nous restent en dongs (monnaie du Vietnam). Jusqu'à présent, nous n'avons jamais vu de bureau de change alors nous demandons à la fille de la gérante de l'hôtel. Elle nous dit d'aller à la banque.
Nous allons à la Banque Postale de Chine, qui nous dit qu'ils ne s'occupent pas de ça. Il font alors ce qui ne nous surprend plus : ils appellent un service de renseignements et demandent un interlocuteur anglais. Nous leur faisons part de notre recherche d'un bureau de change, et ils nous disent d'aller à Bank of China. Nous partons à la recherche de cette banque (heureusement la ville est petite). A force de demander, nous y arrivons. Elle vient de fermer. Pas grave, nous y passeront demain, c'est sur la route !
Nous voyons dans la rue une jeune femme qui propose des boissons. Il fait tellement chaud, ça nous fait envie. En s'approchant, on découvre qu'elle propose des jus de fruits frais et que c'est largement abordable ! En Chine, les jus de fruits sont très rares et coûtent les yeux de la tête alors on avait fait une croix dessus.
Manu choisi un fruit du dragon, Charlène des citrons verts. La jeune femme mélange avec des glaçons, un peu d'eau, un peu de sucre pour le citron et met le tout dans un blender. Puis le verre en plastique finit dans la machine à operculer. C'est frais et délicieux ! Tellement qu'on essayera plus tard l'ananas ! On espère en voir d'autres au Vietnam !
On prend un repas sur la route (repas très simple mangé sur une mini-table sur le trottoir). C'est notre dernier repas chinois. Et on s'endort, face au Vietnam...




















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