"Et si on observait une école chinoise ..."
- 20 oct. 2015
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Nous nous réveillons, un peu courbaturés de la veille. Nous avons encore des heures d'écriture devant nous, avec quelques pauses lectures.
A 9h30, une musique retentit dans la cour de l'école. Nouveau levé de drapeau ? Pas du tout ! Cette fois-ci, les classes ne sont pas toutes présentes car elles ne tiendraient pas : la cour est recouverte d'enfants, séparés d'un mètre chacun, devant, derrière, à droite et à gauche. Quatre filles sont positionnées devant, deux sur l'estrade et deux de chaque côté. Puis une musique très rythmée se met à vibrer dans les hauts-parleurs, et le spectacle commence ! Une chorégraphie est suivie par ces centaines d'élèves à l'unisson. Les quatre fillettes la connaissent par cœur et donnent le rythme, les autres les suivent même s'ils ont l'air de bien l'avoir en tête. Exercice de gymnastique, ou entraînement à la cohésion pour ne plus penser individuellement mais ne former qu'un ? C'est une question qu'on se pose car c'est souvent qu'on entend dans les écoles, à travers les fenêtres des classes, les enfants réciter fort et tous en cœur.
A 12h, un autre rassemblement a lieu dans la cour de récréation, et c'est assez drôle. Des dizaines de très gros plats de riz et autres marmites ont été alignés à même le sol, et quatre élèves (de chaque classe?) viennent les chercher. Les plats sont aussi gros qu'eux, certains ont du mal à les porter. Mangent-ils dans leur salle de classe ? A la fin du repas, on verra des élèves effectuer le service de la cour, comme tous les jours. Armés de balais, ils sont des dizaines à nettoyer le moindre coin (en faisant les pitres accessoirement). Lorsque le service est terminé, des élèves emmènent les poubelles dans le conteneur dans la rue.
Nous restons encore un peu pour trier les photos des rizières (c'est toujours à ce moment là qu'on se dit qu'on en a prises beaucoup trop !) Sur les 160, on en gardera 40. On est raisonnables.
A 13h30, nous sortons grignoter un morceau. Nous recherchons des boulettes mais tout est fermé, nous ne trouvons qu'une coupelle de patates épicées mais elles sont froides (on arrive trop tard et ils ne les font pas réchauffer). Avec deux brochettes et une banane, ça fera l'affaire. Surtout que Manu est content, il goûtera une brochette de haricots !
On se ballade en ville et on décide de monter dans un espace vert en direction d'un temple vu au loin. Nous montons les marches, un jeune garçon nous suit. Pourquoi n'est-il pas à l'école ? Ses habits laissent comprendre qu'il doit être habitué des journées dans les rues. Petit à petit il se rapproche, mais ne prononce pas un mot. Nous arrivons au temple, il s'agit en réalité d'une maison ou d'un hôtel. On reste donc en haut des marches. Lorsqu'on redescend, le garçon nous suit de nouveau et prononce un mot que l'on ne connaît pas. On pense qu'il demande de l'argent. Comme ce ne serait pas l'aider que de répondre à sa demande, on fait ceux qui ne comprennent pas et on le salue avec un au revoir chinois.
Ensuite, on passe à la gare. La guichetière nous dit que ce n'est toujours pas possible d'acheter les billets pour demain (on s'en doutait) mais on obtient ce qu'on recherche : les horaires. Il y a deux bus, un qui part à 7h30 et un à 10h10. Comme le trajet dure apparemment 5h, on peut se permettre de prendre le second départ. On décide quand même d'y aller à 9h pour assurer nos places !
A 19h15, nous décidons d'aller voir les gérants de l'hôtel pour dire au revoir à Ailin, leur fille de 5 ans, qui nous aura bien fait rire lors de l'excursion. On voudrait aussi lui donner un des porte-clés. Malheureusement, elle est déjà couchée (on avait oublié qu'on était en semaine). Un peu déçus, nous repartons.
Nous testons le restaurant situé juste en face : il y a une carte chinois, tout est à 10 yuans (1,50€). Au pifomètre, Charlène choisit un plat. Il faut bien se rattacher à quelque chose, ici c'est un symbole chinois qui lui a plus parlé qu'un autre : « un carré dans un carré », qu'on avait encore jamais vu avant. Comme quoi nos choix de repas ne tiennent à pas grand chose !
Nous sommes très contents du résultat : une assiette de riz recouverte de morceaux de poivrons, de quelques légumes verts et blancs, et de morceaux de viande avec une sauce très bonne. A côté, une coupelle avec des bouts de chou marinés dans du piment.
A une table voisine, des chinoises passent le repas toutes la tête sur leur téléphone, comme les autres tables d'ailleurs. Et elles laisseront la moitié du contenu de leurs assiettes. Même si cela est très courant (les chinois sont vraiment TOUT LE TEMPS sur leur téléphone, c'est assez désolant qu'il n'y ait plus de vrai contact pendant des temps aussi importants.
On rentre, on répond aux mails, on va sur Skype. On commence la rédaction d'un article bilan sur ces sept semaines passées dans ce merveilleux pays..
Ça sent la fin de notre aventure en Chine...




















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