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"Ballade de village en village"

  • 19 oct. 2015
  • 7 min de lecture

Nous sommes réveillés de bonne heure par des chants de coqs (jour du marché) puis par les cris d'enfants dès 7h. Et oui, notre fenêtre donne directement sur l'école primaire.

Leur première sonnerie (doux enchaînement de notes de musiques) retentit à 7h30.

On lit, on écrit, on fait les comptes, la lessive...

A 9h30, une musique retentit dans la cour. Les élèves sortent des classes par les balcons et descendent sur le grand terrain de sport central.

Ils marchent deux par deux et vont s'aligner, chaque classe devant son porte-drapeau.

Il y a 380 élèves dehors, en rang parfait, alignés par classe au centre de la cour. On n'entend pas un bruit. Leurs professeurs se sont retirés et sont eux mêmes alignés au fond du terrain.

Une voix féminine retentit dans le haut-parleur. Les enfants se mettent soudain au garde à vous, d'un seul mouvement. C'est impressionnant !

Les enfants porte-drapeaux qui étaient partis reviennent, en reprenant chacun leur tête de colonne. Quatre élèves arrivent en tenant chacun le coin d'un immense drapeau, trois autres suivent avec un drapeau légèrement plus petit. Ils montent sur l'estrade présente devant le terrain.

La voix féminine donne une autre directive, une musique solennelle retentit et les enfants accrochent le drapeau en bas du mas. Alors, petit à petit, le drapeau rouge chinois monte tout en haut. Et ce sont des centaines d'élèves qui observent en silence ce lever de drapeau, puis applaudissent en cœur lorsqu'il est au sommet.

Un homme monte sur l'estrade et prononce un long discours au micro.

Lorsqu'il a terminé, les enfants qui étaient sur l'estrade redescendent et sont salués par la foule.

Enfin, la sonnerie retentit ; ils sont libérés. C'est la récréation.

A 10h, on s'en va, on achète une saucisse au passage (cuite au feu de charbon). Nous nous rendons à la gare pour acheter nos billets pour après-demain. On nous dit que ce n'est pas possible. Pourquoi ? Hier on nous avait dit de revenir aujourd'hui !

On veut assurer le coût et on retourne à l'hôtel voir la gérante qui parle anglais. On lui expose la situation, et elle nous dit qu'il n'y a pas à s'inquiéter : deux bus partent tous les jours dans cette direction, et peu de monde y va. Les billets sont donc achetés juste avant de partir, et non vendus à l'avance. Rassurés, nous repartons.

On nous avait dit qu'aujourd'hui c'était le marché de Xinjie. Nous descendons donc les rues à sa recherche. Nous croisons Jane (l'Australienne rencontrée hier), elle nous l'indique.

Une première partie concerne des tissus (magnifiques, ils servent à la confection des habits traditionnels des Hi et des Hani). Une seconde partie, quelques centaines de mètres plus loin, propose à la vente des fruits, des légumes et de la viande. Beaucoup de cages de volailles (préparés en direct), quelques chèvres, et de la viande sur les étals. Une fois de plus, nous constatons qu'il y a plus de femmes que d'hommes qui endossent le tablier de boucher. Le marché n'est pas très grand, rien de comparable avec ce qu'on a déjà vu. On achète un régime de mini-bananes (pour un dessert, un goûter) et une boulette chacun sur la route.

On prend une coupelle de patates épicées, Manu veut essayer une boisson verte (toujours à base de poudre, de lait et de billes noirs gélatineuses), et on mange sur la place principale.

Il est 11h45, nous décollons pour le trek. La gérante de l'hôtel nous a dessiné grossièrement un plan sur un bout de papier, nous n'avons eu aucune explication, mais nous savons que nous en avons plus ou moins pour 3 heures de marche, et que nous passerons par 3 villages.

Le début est simple, une route bétonnée suit le flanc de montagne, entourée par la forêt. Alors que nous attendons une route partant sur la gauche, nous voyons un chemin en terre qui va dans cette direction. Devons-nous quitter la route bétonnée ? Est-ce le bon chemin ? Nous décidons de continuer tout droit.

La route descend de plus en plus, et là, aussi inattendu que possible, nous arrivons devant un arrêt de bus. A part quelques maisons, il n'y a que la forêt autour. Quelques minutes plus tard, une vieille dame fait brouter sa bufflonne et son petit le long du chemin. Manu est trop content ! Enfin un buffle vu de près !

Nous suivons toujours le flanc de la montagne, avec une vue magnifique sur la vallée qui s'étend très loin en contrebas. Nous voyons des villages au loin, cachés dans la forêt. Nous pensons y passer lors de la marche. La route bétonnée devient un chemin boueux, on descend toujours plus.

On traverse un groupe de quelques maisons en construction, tout semble vide, inhabité. On longe des rizières, des hommes et des femmes y travaillent. Nous voyons même un homme enlever des mètres cubes de terre à la pioche pour construire une nouvelle rizière.

Après 2h20 de marche, on arrive au premier village mentionné sur le plan, Longshuba. Il y a quelques constructions, le petit village est perdu dans la montagne. Des habitants nous confirment que nous sommes bien au bon endroit. Selon notre plan, c'était le troisième village à voir. Nous avons donc dû louper une route et nous faisons le trek dans l'autre sens.

Nous sommes descendus très bas, nous devons donc remonter ! Nous croisons des hommes qui élaguent des bambous, d'autres qui scient des arbres. Ils répondent à nos bonjour avec un grand sourire. Nous sommes au bout de la montagne, nous passons sur l'autre flanc, avec une autre vallée en vue (beaucoup de rizières en contrebas). Nous continuons à monter et arrivons à un autre village.

Des hommes travaillent au centre, d'autres discutent. Lorsque nous leur demandons une direction, ils nous font comprendre que toutes les routes y mènent. On est bien avancés... On prend celle qui nous paraît la plus logique. On traverse entre les maisons, beaucoup de cochons sont ici et là pour être engraissés. Les personnes sont un peu sur leurs gardes, et c'est là que nous croisons notre premier chien un peu sur la défensive lui aussi.

Finalement, le chemin conduit à notre route de départ, là où un tronc barrait l'entrée (nous avions pensé que c'était fermé). Nous prenons donc la direction du retour, et longeons de nouveau un village vu à l'aller. Nous prenons un petit sentier en béton qui monte entre les maisons et croisons des personnes très agréables et chaleureuses. Rien à voir avec les villages traversés précédemment.

Une dame nous fera même rentrer dans sa cour pour que nous remplissions notre gourde (avec une pastille de micropur dedans, dans 30 minutes elle sera potable!). Un autre nous montrera au loin le village que l'on recherche, perché dans la montagne.

Nous montons un petit sentier à travers la forêt, montons, montons. Nous montons jusqu'à arriver à une grosse route goudronnée qui longe la crête des montagnes et dessert les différents villages. Nous l'avions vue loin au dessus de notre tête à l'aller, nous sommes donc sur la bonne voie.

Des personnes nous saluent, nous klaxonnent, d'autres sont étonnées de nous voir là. Après avoir longé la route sur quelques kilomètres, nous prenons un chemin qui la quitte en direction de Jingzhuzai. C'est un minuscule village avec une vingtaine de maisons jaunes collées les unes aux autres, et rien d'autre que la forêt autour. Deux femmes sont en train de laver leur linge au lavoir, l'une le piétine et ça mousse beaucoup, l'autre le frotte dans une grande bassine.

Nous croisons quelques enfants, mais ils sont un peu plus sauvages.

Nous sortons du village, le chemin redescend. Nous prenons 5 minutes pour faire une pause et manger une banane. Nous voyons de plus en plus de personnes travailler dans les rizières, couper le riz à la serpe, ramasser les pailles...

Finalement, nous arrivons alors au premier chemin en terre que nous avions laissé sur notre gauche. C'était par là que nous aurions dû venir. On retombe sur le chemin goudronné, et on prend le chemin du retour. On aura bien respecté l'itinéraire, mais en sens inverse ! Par contre les indications n'étaient pas nombreuses, on peut être fiers de nous !

On rentre à Xinjie, nous avons marché 5h30 d'un pas rapide, contre les 3heures de prévu au départ. Nous avons parcouru plus de 25 kilomètres, une bonne petite marche avec le dénivelé !

Nous buvons un coup bien mérité sur la place (une bière et une boisson jaune). Nous profitons de l'espace de remise en forme pour étirer nos muscles.

A 18h30, nous partons à la recherche de boulettes garnies à la viande mais tout est fermé. Apparemment ici c'est uniquement pour le petit déjeuner !

Nous reprenons la route de l'hôtel à la recherche d'un restaurant avec des images. Nous en trouvons un. Un plat inspire Manu (plus cher que ce qu'on prend d'habitude mais on veut se faire plaisir). Le restaurant est quasiment vide, et pourtant le cuisinier ne se met pas à l'ouvrage. Dix minutes plus tard, on comprend pourquoi : il lui manquait un ingrédient pour ce plat, son père qu'on avait vu partir est donc allé l'acheter en moto. Il arrive donc avec … un poisson ! Nous n'avions même pas vu sur la photo que c'était à base de poisson.

Le cuisinier se met à l’œuvre et amène sur la table un plat énorme avec dedans des morceaux de poissons, de légumes, des pâtes translucides,... dans un bouillon orange et rouge.

Bien sûr le poisson est grossièrement découpé (avec donc toutes les arêtes) et mis en entier (abats compris). Ça va plus vite à préparer ! Ce n'est pas pratique à manger mais c'est bon et ça change.

Nous rentrons, prenons une douche qui fait du bien après notre marche de l'après-midi, et mangeons la grenade donnée hier par la gérante pour notre note sucrée. Demain, ce sera une journée calme en prévision du changement de pays des prochains jours et de ce que cela implique !

 
 
 

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