"De bus en bus"
- 17 oct. 2015
- 6 min de lecture
Nous sortons de l'hôtel, il est 7h30. Nous traversons la route pour rejoindre la gare routière. En passant, on achète une boulette. Malheureusement, elle sera garnie avec une mixture noire réalisée à base de leurs prunes, ce n'est vraiment pas bon du tout !
La salle d'attente, pour la première fois, se situe à l'extérieur, sous un hangar. Personne ne vérifie les tickets à l'embarquement (ce sera le rôle du chauffeur) ni ne dirige vers le bon bus. On se débrouillera comme des grands pour demander notre destination.
Nous montons dans le bus, nous avons une fois de plus les places 1 et 2. Mais du monde y est déjà installé. Ce n'est pas grave, nous prenons d'autres places. Au bout d'un certain temps, alors que le bus se remplit bien, il paraît important que tout le monde soit à sa place. Nous changeons alors. Pourquoi ne prennent-ils pas leur siège du départ ?
Le trajet, comprenant principalement de l'autoroute, prendra 3 heures. Nous arrivons donc à Kaiyuan. Mais notre vraie destination est Gejiu, même si le trajet direct n'existait pas. Nous faisons le tour pour trouver l'entrée de la gare lorsque nous tombons sur un homme parlant un peu anglais qui nous demande où nous souhaitons aller. Quand nous lui expliquons, il nous dit que les bus partant pour Gejiu se trouvent à l'autre gare routière, de l'autre côté de la ville. Ici, c'est pour aller à Kunming. Nous lui demandons la direction, il ne sait pas nous expliquer car c'est trop loin pour y aller à pied. Il nous conseille de prendre un taxi. Nous n'aimons pas prendre les taxis car nous préférons marcher, mais n'ayant pas l'itinéraire précis nous ne voyons pas d'autres solutions. Il nous accompagne auprès d'un chauffeur et lui transmet l'adresse.
Nous arrivons à la gare, le trajet aura coûté 1€. Il est 11h30, ne sachant combien de temps durera le prochain trajet, nous souhaitons manger maintenant. Mais nous allons tout d'abord acheter nos tickets. Une fois de plus, la personne au guichet ne nous propose pas les différents horaires, nos tickets sont imprimés d'office. Nous les observons, et pour la première fois il n'y a pas l'horaire de départ, juste des signes chinois. Nous y retournons pour connaître l'heure de départ (ça peut être pratique!), elle finit par nous accompagner jusqu'au bus. Apparemment, il part bientôt.
Il n'y a qu'un homme à l'intérieur. Nous savons que le bus ne va pas partir tout de suite, mais hésitons à partir acheter quelque chose à manger puis revenir. Nous parvenons à demander l'heure de départ au jeune homme, mais nous avons mis trop de temps : le bus part dans dix minutes.
Heureusement, les fruits et gâteaux achetés en prévision de ce genre de situation sont là pour nous faire patienter. Le trajet sera plus court que ce que nous pensions : en 1 heure nous y sommes !
Cependant, Gejiu est une grosse agglomération et la gare routière est donc à l'extérieure de la ville. Il n'y a rien autour, nous n'avons pas envie de rester ici ni d'aller dans la ville, car le cadre environnant n'a rien d'exceptionnel. Nous décidons d'aller manger un bout, le temps de réfléchir à tête reposée (et estomacs remplis).
Nous regardons notre carte française (où une étoile rouge au milieu de rien indique « Honghe Hani Rice Terraces »), puis notre carte chinoise du Yunnan où dans la même région nous trouvons une photo des magnifiques rizières en terrasses. En fonction de la carte des villes desservies par les bus (affichée en grand dans les gares), nous nous décidons pour une destination. Nous ne la nommerons pas car elle n'apparaît pas sur notre carte française (et nous ne savons pas encore traduire les signes chinois).
Au guichet, Charlène demande deux tickets pour là-bas. La vendeuse lui montre que les rizières sont visibles d'une autre ville, beaucoup plus petite et peu après la première. Charlène accepte. Manu aurait préféré l'autre ville, il craint qu'on ne trouve pas d'hébergement sur place.
Nous retirons un peu d'argent (dernier retrait chinois) puis repartons pour notre troisième trajet en bus de la journée (ça commence à faire). Le bus démarre à 14h. Pendant la route, nous arrivons vers un fleuve que nous longeons un bon moment. Nous verrons alors des champs de bananiers descendre jusqu'aux eaux du fleuve. Plus loin, quand nous reprendrons de l'altitude, les bananiers seront encore là. Voilà d'où viennent toutes les bananes que nous avons mangées jusqu'à présent !
Nous arrivons alors à la ville où nous voulions nous arrêter (qui n'a rien d'extraordinaire et se situe dans la vallée). Les taxis ont été remplacés par des sortes de voiturettes de golf, un peu plus allongées. On en croise beaucoup, les clients sont protégés du soleil ou de la pluie par un toit mais sont à l'air libre. Le concept est plutôt sympa.
Après avoir traversé cette ville, nous montons, montons, montons. La route traverse les nombreux éboulements de terre et de rochers. Aucune rizière à l'horizon, seulement la forêt et des bananiers.
Soudain, on aperçoit une ville perchée en haut de la montagne. Si ce pouvait être notre destination, nous serions vraiment bien placés.
En effet, nous arrivons à bien Xinjie (un panneau nous le fera savoir quelques kilomètres avant d'arriver). La ville n'est pas très grande, mais suffisamment touristique pour y voir de nombreux hôtels. Étant en dehors de la saison touristique, on est rassurés,on trouvera fingers in the nose.
Il est 16h45, un homme nous accoste à la sortie du bus. Il nous propose une chambre à 5€ la nuit par personne et nous indique que son hôtel est un peu plus haut. C'est parfait, on aura une meilleure vue ! On monte dans son minibus.
La chambre est sympa, on a en effet une vue magnifique depuis notre fenêtre ! Et on est situé... juste au dessus de la cour de l'école ! On pourra observer leur fonctionnement lundi.
La ville est construite à flanc de montagne, ce qui donne l'impression d'être dans une station de ski : une route principale monte en lacets et tout est construit autour. Il y a beaucoup d'escaliers un peu partout. Tout autour, des montagnes, même si les rizières ne sont toujours pas visibles. D'après un panneau indicatif marron (= touristique), on serait à 6km d'un point de vue (si on continue à monter). Parfais, on ira demain !
On sort dans la rue principale et on redescend en direction du centre (après avoir pris un peu de hauteur dans l'espoir vain de voir les rizières). Il y a un magnifique square « Fields terraced square » avec une vue sur les montagnes (l'immense balustrade est devant un grand vide avec les montagnes en arrière plan, si bien que l'impression est saisissante).
Les personnes qu'on croise (beaucoup d'enfants et d'adolescents) sont très sympas, ils nous répondent et sourient à notre arrivée. Il y a vraiment une bonne ambiance, très saine, qui se dégage de cette ville. On s'y sent bien, on est trop heureux d'être arrivés là (alors qu'on aurait jamais parié la-dessus ce matin-même!).
On va dans une petite boutique, « Stop cold drinks », et on commande une boisson à base de poudre colorée (18 couleurs différentes), de lait (ou ça s'en rapproche) et de billes noires. C'est nettement meilleure que celle goûtée à Qiubei ! Manu est fan des billes noires, qui n'ont pas de mauvais goût cette fois-ci.
Après avoir mangé au fameux square (un repas terminé avec des brochettes de saucisses, de poulet ou encore de … flanc de poisson en forme de fleur?), on ressort et là trop bonne surprise. La place est encore plus animée, en même temps on est samedi soir, des dizaines de personnes dansent en rythme en suivant la même chorégraphe. Des enfants courent, s'amusent, de la musique retentit ici et là. On s'assied un moment pour regarder la danse. Des enfants jouent non loin de nous, mais un petit de trois ans n'arrive pas à les suivre. Alors, petit à petit, nous arrivons à « l'apprivoiser ». A la fin, la maman et une de ses amies viendront rigoler avec nous.
La danse se termine, tout le monde rentre petit à petit. Nous prenons la route du retour. Arrivés à l'hôtel, nous rencontrons la femme du gérant, qui parle parfaitement anglais (elle a étudié l'anglais pendant trois ans à Kunming). Elle nous dit que demain, elle emmène en excursion une personne pour voir les rizières en terrasses. Elle nous montre le parcours en voiture, soit 25 km, avec les différents points de vue. Elle nous explique que l'entrée sur place est de 100 yuans, mais qu'elle peut nous emmener à un autre point de vue sans la payer. L'excursion au total coûte 150 yuans par personne. A pieds, nous ne pourront voir qu'un point de vue alors, pour 50 yuans de plus que le prix de l'entrée, nous acceptons. Elle nous propose aussi le petit-déjeuner à 8h. Ça nous permettra d'échanger, c'est une bonne idée. Banco !
Nous nous couchons. Nos sommes trop contents d'être là. Nous pensons y rester quelques jours.




















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