"Sous le feux des projecteurs"
- 15 oct. 2015
- 6 min de lecture
Nous nous levons, il est 6h. Nous nous habillons, rangeons nos affaires dans nos sacs et décollons. Nous prenons une banane et une boulette garnie à la viande pour notre petit déjeuner.
Direction la gare, où nous patientons sagement jusqu'à 7h20 pour nous présenter à l'embarquement.
Nous trouvons le bon bus (nous sommes devenus les plus forts à la recherche des signes chinois correspondants à notre destination).
Lorsque nous montons, il y a déjà du monde installé.Nous avons les places 1 et 2 (qui sont situées juste derrière le chauffeur et permettent d'avoir une bonne visibilité le long du trajet), mais elles sont déjà occupées. Nous ne voulons pas faire nos pénibles et nous retrouvons à l'arrière du bus.
Sur la carte, le trajet n'est pas long, 2 ou 3h tout au plus. Comme ce n'est pas de l'autoroute, peut-être plutôt 3h.
On nous distribue des sacs plastiques, on aurait dû y voir un signe : les chinois sont vite malades dès que la route tourne un peu. Le trajet commence, encore une fois le chauffeur est tranquille et prudent. Nous prenons rapidement de l'altitude et nous retrouvons dans les mêmes paysages que vus à Chengdia : des montagnes de végétations et une route sinueuse qui les traverse.
Les routes sont en très mauvais état et nous sommes ballottés de nouveau comme des poupées de chiffon sur nos sièges, parfois envoyés contre la vitre. A la différence du trajet de l'extrême qui nous a mené à Lijiang, le chauffeur est beaucoup plus prudent et la route peu fréquentée, ce qui fait que nous n'avons pas à doubler continuellement.
Nous traversons des villages, des marchés. Souvent, le bus passe au ralenti à quelques centimètres à peine des étals, une fois il touchera même un parasol de vendeur sur toute la longueur. Pour ce genre de trajet, conduite rime avec précision.
Derrière nous, deux parents sont accompagnés d'une petite fille d'à peine deux ans qui restera sans bouger sur leurs genoux pendant le trajet, et de son grand frère de quatre ans qui subira les mouvements incontrôlés du bus pendant plusieurs heures. Les parents ne pensent même pas à lui mettre la ceinture de sécurité et le laisse debout entre les sièges, si bien qu'il ne finira pas le trajet sans quelques bleus. Mais, comme on dit, c'est en faisant qu'on apprend, pas vrai ? A la fin, il terminera même la tête dans un seau tellement le bus l'aura rendu malade.
Cela fait deux heures et demi que nous roulons, nous faisons une pause toilettes (eh oui, des toilettes ont été disposées au milieu de la forêt!). On se doute alors qu'une fois de plus nos prévisions n'étaient pas bonnes et que le trajet risque de durer un peu plus.
Pendant que certains vont donc se soulager, on observe le chauffeur lancer des grosses branches en direction d'un arbre et de quelques prunes sauvages. D'autres s'y essaient, mais échouent. L'un manquera même d'en faire tomber une sur le bus, y allant trop fort. Ils décident donc alors de grimper dans l'arbre pour aller les chercher. Le jeune chinois qui escalade nous surprend : au lieu de cueillir les prunes, il casse l'énorme branche et la jette à terre. Il n'y aura plus de prunes pour longtemps... Ils se jettent alors sur les prunes tombées au sol, le spectacle est assez drôle. Le chauffeur se tourne vers nous et nous en donne une. Charlène goûte et ne fait aucun commentaire, Manu goûte à son tour et recrache discrètement le morceau mis à la bouche : c'est immangeable ! Soit elles ne sont vraiment pas mûres du tout, soit elles ont tout simplement un mauvais goût. Quoi qu'il en soit, les chinois en raffolent ! C'est déroutant...
Nous repartons, les heures passent. Au bout de 4h30 de route, nous traversons un village à la mauvaise heure : plusieurs « abattoirs » s'enchaînent. En Chine, cela correspond à des vaches mortes étendues par terre sur le trottoir, sur lesquelles s'affairent des hommes et des femmes. L'une est jaune et gonflée (nous n'aimerions pas la manger car ce n'est pas naturel), une autre a un meilleur aspect, une autre encore est déjà à moitié découpée. Manu y craint un peu...
Sachant que les chinois crachent beaucoup par terre, qu'ils y jettent toutes sortes de déchets et que les enfants font leurs besoins un peu partout, le fait que la vache soit découpée à même le sol sans bâche ni protection est un peu écœurant.
Au bout de 5h30 de route, on s'approche enfin de la ville. Une dizaine de kilomètres avant d'arriver, le même paysage qu'à Luoping s'étend devant nos yeux (des collines disposées au milieu d'une immense plaine de champs) sauf que certains champs sont remplacés par des étendues d'eau et qu'un lac apparaît même un peu plus loin. C'est magnifique.
Nous arrivons à la gare routière et trouvons un hôtel un peu plus loin. Nous nous rendons à notre chambre au quatrième étage et nous rendons compte que nous devons être quasi les seuls clients en ce moment : des hommes sont en train de repeindre tout l'immeuble. Sauf que la ressemblance avec les mêmes travaux en France s'arrête là : ici, pas de scotch ni de bâche de protection. Tout est couvert de taches de peinture, le sol en carrelage, l'escalier et sa rampe en bois, les portes des chambres... On dirait que l'hôtel entier a servi de base de paintball (en se limitant au blanc). Quel travail supplémentaire les attend pour tout retrouver nickel !
Nos sacs posés, nous partons à la recherche d'un endroit où manger. Depuis Luoping, il n'y a plus de cartes affichées au mur des restaurants, tout se fait à l'oral ce qui complique la chose. Un restaurateur nous accoste avec un grand « Hello ». Il est très sympathique, mais nous nous rendrons vite compte que c'est un grand parleur. Il nous propose des pâtes qu'il prépare dans un bouillon. Un peu décevant par rapport à ce qu'on connaît au niveau goût.
Notre estomac rempli, nous partons à la découverte de Qiubei. Et nous nous rendons vite compte qu'il n'y a jamais dû y avoir de touristes étrangers ou alors ils étaient très rare (en même temps, c'est une petite ville qui n'a pas de véritable attrait spécifique, elle était juste sur notre route). Les gens que l'on croise restent bouche bée et se retournent sur notre passage. Certains nous prennent en photo avec leur portable en douce, d'autres posent à côté de nous. Dans un magasin, nous ferons une photo avec chacune des vendeuses. C'est assez drôle, les gens sont très souriants.
Vient la sortie des écoles, et la même chose se reproduit : des enfants s'arrêtent de marcher, d'autres se cachent en rigolant, disent « hello », et les plus téméraires viennent nous serrer la main.
Nous poursuivons notre ballade dans la ville où les marchés sont nombreux. Cependant, un stand retient notre attention. En fait, ils sont plusieurs à proposer cela. Des dizaines de nids plats et circulaires de « guêpes géantes » s'entassent sur leurs étals, leurs alvéoles remplies de larves ou de guêpes tout juste formées. D'autres volent autour, elles n'ont manifestement pas l'air dangereuses. Mais le plus surprenant, c'est que les vendeurs passent leur temps à retirer larves et guêpes des alvéoles à la pince à épiler, et les empilent dans des assiettes. Tout ceci dans le but de les vendre. Qui achète ceci et dans quel but ? Nous n'avons pu le découvrir mais nous espérons simplement que ce n'est pas pour les manger !
Nous nous rendons à la gare, demandons un ticket de bus pour notre prochaine destination. Apparemment ce n'est pas possible en trajet direct, mais on nous montre par quelle ville passer. La communication est un peu difficile, mais on finit par se faire comprendre et on paye nos tickets. Nous partirons à 8h en espérant faire les deux trajets dans la journée.
L'après-midi passe. Lorsque nous rentrons le soir dans notre chambre, la lumière ne fonctionne pas. Il fait nuit, Charlène redescend donc à l'accueil pour expliquer le problème. La coupure doit être générale, car le jeune homme s'éclaire à la bougie. Alors que Charlène essaie de lui demander ce qui se passe, il sort une deuxième bougie, l'éclaire et lui donne. Grand moment de solitude...
Ensuite, le temps qu'il traduise sur son téléphone que l'électricité va bientôt revenir, la lampe du hall s'est déjà ré-éclairée. Ouf ! Une soirée complète à la bougie aurait été très longue !
On s'occupe de la lessive et là, cri de Charlène ! Un énorme cafard (bien plus gros que ceux vus précédemment) sort de sous le lavabo. Pas bien méchant, mais surprenant !
Nous sortons manger, trouvons un petit restaurant tenu par un couple très sympa. Nous montrons des nouilles fines et le wok pour nous faire comprendre. Ce n'est que peine perdue, car ce sera encore des pâtes en bouillon !
La soirée se passe tranquillement.




















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