"Jinji peak cluster, un relief à couper le souffle"
- 13 oct. 2015
- 4 min de lecture
Nous n'avons pas eu froid cette nuit, les duvets nous ont tenu au chaud. La nuit s'est plutôt bien passée malgré l'intervention récurrente d'un chinois qui se traduisait par un long hurlement plaintif (faisant presque vibrer les murs de l'hôtel), comme si on l'étranglait. En réalité, ce long ah,ah ah... strident indiquait qu'il allait vomir. Sûrement une volonté de prévenir tout le monde !
Nous souhaitons voir à Luoping un paysage particulier vu sur la carte touristique du Yunnan, Jinji peak cluster, même si des chinois nous ont affirmé que ce n'est pas la bonne période car la saison des fleurs est terminée. Ce n'est pas grave, comme nous n'allons pas revenir ici de si tôt, nous y allons quand même. A côté de la gare routière, une petite agence touristique s'occupe des transports pour ce site comme pour d'autres : cascades, champs en terrasses,... La gérante essaye de nous vendre des offres concernant l'ensemble des points touristiques, mais c'est beaucoup trop cher : nous insistons pour ne voir que celui que nous avons en tête. C'est 100 yuans par personne, mais on a fait la route jusqu'ici pour ça alors on accepte.
Elle passe un coup de téléphone et dix minutes plus tard une voiture arrive. C'est une jeune femme qui doit proposer ses services pour arrondir les fins de mois. Le site est à 10km, nous nous mettons en route. Nous avions hésité à y aller à pieds mais heureusement que nous avons renoncé : la distance est réalisable sans aucun souci, mais nous ne nous serions jamais dirigé dans la bonne direction. Comme d'habitude, aucune indication nulle part, il faut être chinois pour connaître !
La jeune femme nous dépose au bout d'une petite route pavée qui passe entre les champs de sorgho. Nous comprenons qu'elle nous laisse nous promener et nous attend à l'entrée du chemin. Nous sortons de la voiture, des champs de sorgho à droite et à gauche. A 200m, il y a une colline, nous voulons prendre de la hauteur pour voir le paysage souhaité. Nous longeons, pour nous y rendre, un chemin en herbe : à gauche, un canal sans eau qui doit servir à l'irrigation des champs, à droite une vigne où les ceps ont été taillés à 1,80m de haut. La vigne est grillagée et gardée par des chiens.
Nous arrivons au pied de notre colline qui ressemble à une bosse au milieu des champs de sorgho rouge. Comment monter à travers la végétation ? Charlène aperçoit un semblant de début de sentier, nous l'empruntons. Il doit servir lors de la saison touristique mais la végétation a repris ses droits et le sentier est très glissant. Nous prenons le temps pour grimper en nous tenant aux arbres et fougères qui sont sur notre chemin. Nous sommes impatients de découvrir ce qu'il peut y avoir de l'autre côté de la colline !
Nous arrivons au sommet. La vue est magnifique, le paysage complètement différent. Devant nous s'étend une immense plaine avec des hectares de champs : maïs, riz et autres cultures non identifiées.
C'est la période de récolte, une partie des champs est donc verte, une autre partie plutôt rouge / marron (couleur de la terre ici). Cela donne un patchwork magnifique. Et un peu partout sur cette plaine sont disséminées des collines, ou plutôt des « bosses » de roche et de végétation, comme si un géant avait fait des petits tas de roches ici et là. C'est... waouh !
Nous prenons plaisir à observer les paysans travailler : l'un passe le motoculteur dans son champ, la tâche n'a pas l'air facile, un autre coupe du maïs à la serpe, un autre encore du riz, d'autres traitent leurs cultures... Alors que Charlène se fait la réflexion qu'ils iraient tellement plus vite avec un tracteur, justement on en voit un qui arrive par le chemin. Mais il est trop gros, trop lourd et peu adapté à cette terre et ces cultures.
De l'autre côté de la colline, où nous avons grimpé, des champs de sorgho à perte de vue. Nous profitons un long moment de la vue puis nous décidons à redescendre, des fois que le jeune femme s'impatiente et décide de partir !
Sur la route pavée, nous croisons quelque chose qui illumine le regard de Charlène : une moissonneuse batteuse, et en plus une John Deer ! Comme quoi ils ont quand même quelques engins agricoles pour leur faire gagner du temps !
Nous regagnons la voiture et retournons à Luoping. Nous goûtons un nouveau repas encore une fois très bon : du riz cuit au wok, un peu vinaigré, avec des poivrons et des bouts d'omelette. Nous goûtons une boulette (nous sommes devenus des fans incontestables de leurs boulettes, surtout Charlène) qui est différente de ce qu'on connaît mais tout aussi bonne.
L'après-midi, nous le consacrons à la visite des quartiers de Luoping. Rien d'extraordinaire, mais c'est vivant et animé. Nous y verrons un gros marché, la rue des meubles...
Les gens d'ici doivent faire une fixette sur la taille : déjà ce matin avec une dame, cette fois c'est un homme qui s'approche et dit à Charlène qu'elle est grande, même chose pour Manu. Il s'approchera de nous pour comparer nos tailles avec sa main. Il n'est pourtant pas petit. Pourquoi cette remarque ?
Il commence à pleuvoir, nous rentrons à l’abri où une partie d'échecs chinois nous attend. Quelques bonbons offerts par la boutique d'à côté compléteront ce moment détente.
Ce soir, nous ressortons pour prendre le dîner. Il fait nuit, nous le tentons au pifomètre sur la carte. Résultat ? Un bol de riz chacun et une assiette commune de petits champignons (très fins, reliés par dizaines) accompagnés de poivrons.
Retour à l'hôtel : le sol bétonné de notre chambre n'aide pas à réchauffer la pièce. Blottis dans nos duvets, sacs à viande et couette, nous nous couchons. C'est la ville la plus froide rencontrée pour l'instant. Espérons qu'en allant au Sud cela va s'améliorer !




















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