" Une découverte de Dali... interrompue prématurément !"
- 2 oct. 2015
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Nous nous levons, préparons nos sacs et partons direction la gare routière. Le bus part à 10h, nous pensons que le trajet durera entre 2 et 3h.
Nous mettons finalement 3h, et le chauffeur nous dépose sur le bord de la route. Aucune gare routière en vue, ni de ville. Ça commence mal...
Nous apercevons un jeune couple de chinois qui étaient avec nous dans le bus qui ont l'air de chercher leur chemin. Nous leur demandons s'ils savent où est la gare routière, ils nous répondent qu'eux aussi cherchent les bus ! Ils parlent chinois et ont le GPS sur leur téléphone, parfait, on les suit !
On part dans un sens, on fait demi-tour, finalement en général on se débrouille pas si mal sans parler leur langue et sans carte ni téléphone. Au bout d'un moment, ils nous disent chercher leur hôtel ; ils montent dans un bus, nous ne préférons pas les suivre car nous ne savons pas encore où aller.
Nous sortons notre carte et voyons qu'il existe en fait trois villes qui portent le nom de Dali autour de ce lac !
A quelques kilomètres sur notre droite, le vieille ville de Dali, qui attire beaucoup les touristes. A quelques kilomètres sur notre gauche, la petite ville touristique de Dali près du lac. Et enfin, 15km devant nous, la grande ville de Dali, appelée aussi Xiaguan, celle où nous pensions arriver.
Tant pis, nous prenons la direction du lac. La semaine qui suit la journée nationale est une semaine de vacances pour l'ensemble du pays. Il y a donc beaucoup de chinois qui sont de sortie, et ce lieu touristique est bondé. Nous empruntons un chemin qui longe la route et est envahi par des milliers de grosses araignées multicolores, présentes sur de grosses toiles jaunes dans chaque buisson. Manu est fasciné et prend des photos, Charlène pense à la fin du chemin qui approche.
De l'autre côté de la route, des paysans travaillent dans les rizières : à l'aide d'une serpe, ils coupent des poignées de riz (les tiges et les grains ressemblent de loin aux céréales que nous connaissons) et passent l'extrémité où sont présents les grains dans une petite batteuse (une machine qui secoue très fort les tiges pour faire tomber les grains et les récupérer). Une fois cela terminé, ils reposent en tas les tiges et reprennent de nouveaux brins. Ils sont en bottes dans une boue très épaisse, on remarque que chaque parcelle est encadrée par un rebord en béton (pour retenir l'eau?).
Nous trouvons le seul endroit peu reluisant de la rue pour y manger à un prix raisonnable, et demandons les prix pour une nuit en dortoir dans une auberge de jeunesse : c'est au-dessus de nos moyens. Nous continuons à longer le lac, puis nous enfonçons un peu plus dans la ville. Elle n'est constituée que d'hôtels et de restaurants, de touristes, aucune vie n'anime ses rues. Nous décidons d'aller à la grande ville de Dali.
Nous reprenons la route. Cela fait maintenant 3h3O que nous marchons bien chargés, mais le chemin est encore long avant d'arriver à la grande route et de trouver un bus qui nous emmènerai à destination.
Coup de chance, un automobiliste s'arrête et propose de nous emmener. On lui demande combien il prend, il nous répond 20 yuan pour deux (soit 3€ environ). Banco !
Il s'arrête à l'entrée de la ville, nous demande où nous allons exactement. Nous avons du mal à nous faire comprendre, mais l'essentiel y est puisqu'il nous dépose à la gare routière qui propose des trajets jusqu'à Kunming, notre prochaine destination.
Nous demandons les prix des bus, puis comparons avec les prix des trains. C'est moins cher en train !
Nous prenons ensuite la direction de la gare pour trouver un hôtel en route. Nous marchons, marchons. Nous sommes dans la rue du secteur de la mécanique et des engins et aucun hôtel à l'horizon. Nous marchons encore, et en trouvons enfin. Nous nous renseignons auprès de nombreux petits hôtels, mais les prix sont invraisemblables ! C'est forcément lié à la semaine de vacances nationales. Une jeune femme nous propose une chambre à un prix presque correct, nous revenons la voir après avoir essayé ailleurs et elle nous dit qu'elle ne peut plus nous prendre (hôtel réservé aux citoyens chinois). Comme si on avait les yeux bridés la première fois qu'on y est allés !
Les autres hôtels sont pleins, on commence à en avoir assez de cette ville où on vient juste d'arriver.
On ne trouve rien, alors on décide d'aller à la gare chercher un train pour Kunming pour aujourd'hui.
Il en reste, dont un qui part à 21h23 et arrive à 4h53. Plus de couchettes ni de places assises, que des places debout. Pas le choix, on veut quitter cette ville et ne pas se ruiner en hôtel, on prend deux billets. Il nous reste quelques heures devant nous , on part à la recherche d'un endroit où se poser, boire un coup et avec du Wi-fi pour réserver un hôtel pour Kunming. C'est une très grande ville, et avec cette semaine de vacances, et la fatigue que nous auront demain matin, nous n'arriverons jamais à tomber par hasard sur un prix abordable.
Nous trouvons une offre en lits superposés intéressante. Réservation terminée, on mange un morceau et on se prépare pour la très longue nuit qui nous attend, calés dans un escalier entre deux wagons. On embarque dans le train, il y a foule. Les voies ferrées qui n'étaient plus présentes dans les montagnes reprennent ici, à Dali, avec comme direction principale Kunming.
Lorsque le train est annoncé, c'est donc toute une gare qui se met en mouvement.
Nous longeons le quai jusqu'au wagon 14, et le traversons pour aller vers les escaliers. Manque de pot, il n'y a pas d'étage et donc pas d'escaliers dans ce train... Nous attendons donc comme nous pouvons entre les sièges, en essayant de gêner le moins possible les passagers qui circulent. Car les chinois, en effet, aime beaucoup circuler dans les trains !
A côté d'où nous nous sommes posés, les nombreux passagers « sans place assise », comme nous, se bousculent pour noter leur nom sur une feuille posée sur un comptoir. Nous faisons nos têtes étonnées, et une chinoise parlant un peu anglais nous dit de noter nos noms aussi.
A ce qu'on comprend, il s'agit d'une sorte de tirage au sort pour attribuer des couchettes (dont les passagers ne se seraient pas manifestés?) à quelques passagers assis ou debout.
Commence alors une longue attente. Les autres passagers debout de l'ensemble du train sont dans notre wagon, attendant le verdict, tout excités. Une jeune chinoise fait de l’œil au contrôleur pour avoir plus de chance. Une heure passe, nous nous tenons tant bien que mal debout, collés contre la paroi, pour laisser passer les gens.
Puis le contrôleur ressort et va voir des personnes assises. Il leur annonce qu'ils ont gagné une couchette pour ce trajet. La jeune chinoise et ses amies ont dû gagner aussi, car elles prennent leurs affaires, euphoriques, et nous ne les reverrons pas. Nous sommes très nombreux sur la fiche d'inscription, il y a donc peu de chances pour nous. Les places assises libérées sont redistribuées, et des personnes partent ainsi petit à petit. C'est alors que Manu entend « faguo », ce qui signifie « france » en chinois. Quelqu'un leur parle de nous, et le contrôleur nous propose alors deux places assises. Trop gentils ces chinois !
On passe au wagon suivant, et en effet deux sièges durs nous attendent. On les partage avec un homme. Un peu serrés, mais trop soulagés de pouvoir s'asseoir pour la nuit, on s'endort de temps à autre. L'homme s'en va au milieu de la nuit, nous prenons davantage nos aises.
Le train arrivera en gare à 4h53, il nous reste quelques heures pour somnoler.




















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