Une nature préservée à Xichang : le lac de Qionghai
- 25 sept. 2015
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Nous nous levons, le ciel est gris et menaçant. Mais cela ne va pas nous empêcher d'aller au lac de Qionghai ! Nos k-ways dans le sac, nous partons en direction du panneau d'indication que nous avons vu hier. Il indique le site dans 5 km. Après avoir marché le long de la rue principale qui traverse la ville du Nord au Sud (nous nous trouvons au Nord de la ville, et le lac au Sud), un nouveau panneau nous indique 1,5 km. Parfait ! Nous approchons du but.
Cependant, un moment de marche plus tard, un nouveau panneau indique toujours la même direction, mais cette fois-ci dans 3 km ! Nous continuons sur cette voie, puis plus rien. Plus aucun panneau. On comprend pourquoi peu de touristes étrangers visitent la Chine en dehors des circuits touristiques : depuis notre arrivée dans le pays, on ne peut que constater les progrès possibles en matière d'information et de communication ! Nous poursuivons à vue de nez, en observant les montagnes alentours et l'espace nécessaire pour y placer un lac.
Finalement, nous arrivons bel et bien sur le site, à 7km du premier panneau ^^.
Nous ne voyons pas tout de suite le lac, car les lotus, roseaux, phragmites et nénuphars ont envahis la baie. Des sentiers ont alors été aménagés pour nous permettre de traverser ces espaces naturels où le calme règne. Seules les grenouilles qui bondissent à notre arrivée osent enfreindre la tranquillité des lieux.
Les chinois sont vraiment pros en la matière quand il s'agit d'aménagements extérieurs. Des assemblements de rochers, statues, galets, végétaux,... tout est pensé à la perfection pour rendre le lieu magique ! Le lac est immense, et seule la rive droite est praticable. Cela représente tout de même presque deux kilomètres de lieux plus beaux les uns que les autres.
Une fois les roseaux et nénuphars passés, nous apercevons enfin le lac. Il est magnifique ! Entouré de montagnes dont les sommets sont cachés par des nuages de brume, il est imposant et apaisant. La lumière n'est pas extraordinaire à cause du temps mais cela ne l'empêche pas de scintiller. Nous observons des hommes en pirogue qui ramassent des sortes de branches sur la surface et en extraient des fruits (sortes de châtaignes d'eau). Ici, chacun gagne sa vie comme il le peut et la mène comme il l'entend.
Arrivés au bout, la marche nous a creusés et nous commençons à avoir faim. Nous cherchons alors un vendeur ambulant, mais rien à proximité. Ce n'est pas grave, nous en avons vu à l'entrée du site en venant, nous faisons donc demi-tour et reprenons la route. Les vendeuses proposent les mêmes pommes de terre torsadées et pimentées que celles mangées à Chengjia, c'est parfait !
Une fois nos estomacs remplis, nous retournons au bord du lac sur une mini plage de graviers et observons les chinois qui passent. Ils adorent poser et se prendre en photo, même si cela doit nécessiter que des femmes en talons aiguilles escaladent des arbres ou des rochers. C'est assez drôle. Une jeune fille qui parle anglais vient discuter avec nous.
Plus loin, une petite fille de deux ans environ fait pipi sur la plage : c'est très courant en Chine, les petits n'ont pas forcément des couches mais plutôt des pantalons ouverts à l'entrejambe (et cela même à Pékin). Ils ont donc les fesses à l'air toute la journée et quand ils en ont envie, ils font leurs besoin dans la rue, dans la pelouse (on a vu de sacrées situations!). Ils sont très autonomes pour leur âge et les parents n'ont donc pas à les changer. En plus, cela les habitue aux toilettes turques pour après puisqu'il n'y a que cela ici.
Toujours concernant les enfants en bas âge, l'utilisation de poussettes est très rare, ou alors ce sont de mini poussettes en plastique (comme celles que les enfants ont chez nous pour leurs poupées) ou bricolées avec du matériel de récupération. La plupart du temps, les enfants sont portés allongés en travers des bras, même quand ils grandissent. Une évidence s'impose : les chinois doivent être plus musclés qu'on ne le pense !
Le temps s'est refroidi et il commence à pleuvoir, nous décidons alors de rentrer. Une petite marche nous attend, mais le trajet paraît toujours plus court au retour qu'à l'aller. Sur la route, nous croisons un énième étal proposant des petits gâteaux chinois emballés individuellement, les mêmes qui nous donnent envie d'y goûter chaque fois que nous les voyons. Les chinois en achètent régulièrement des sacs pleins. La gourmandise est un vilain défaut, nous l'apprendrons à notre dépend. Nous en choisissons six différents et nous installons sur un banc non loin de là pour les déguster. Le premier est immangeable, si épais et si dense qu'il doit colmater l'estomac. Heureusement, l'eau de notre gourde nous aide à le faire passer. Le deuxième est moins pire, une sorte de pâte de fruits extra dense elle aussi. Plusieurs autres utilisations de ces gâteaux nous viennent alors à l'esprit : arme de destruction massive, pâte pour colmater les murs en maçonnerie,... Deux nous suffisent, nous testerons les autres plus tard.
Une fois de retour dans notre quartier, nous passons à la gare routière pour prendre nos tickets pour demain. Pas de bus pour Dechang, nous ne voulons pas aller à Miyi qui n'est pas attractive d'après ce qu'on en a vu, tant pis nous rejoindrons directement la prochaine ville qu'est Panzhihua, dernière ville du Sichuan. Ensuite, c'est le Yunnan ! Nous observons un petit canal où s'écoule de l'eau presque rouge, couleur de la terre de ces montagnes. Les déchets jetés par les habitants ont attirés les rats qui s'y sont créé un espace confortable. Un homme à côté de nous prend un pavé et le jette sur un rat ! Raté !
Nous mangeons en route et rentrons à notre chambre après ces 17 km de marche aujourd'hui. Quelques étirements s'imposent ^^. Dix minutes plus tard, il se met à pleuvoir, comme toutes les nuits depuis quelques jours. Merci à la pluie d'avoir patienté toute la journée !
Nous testons un troisième gâteau, qui ne peut être pire que le premier, et qui apparaît souvent sur les publicités. Et bien si ! Il est fourré avec des morceaux de ce qui ressemble à du jambon cru hyper salé (goût qui s'en rapproche peut-être le plus) et d'autres morceaux non identifiés. C'est un blasphème à la pâtisserie !
Ce soir, dans la douche, Manu tombe sur notre premier cafard ! Nous étions surpris de ne pas en voir trouvé avant. Pas d'eau chaude aujourd'hui, ni ce matin ni ce soir, ce sera rinçage à la fraîche.
Dans toutes les chambres où nous avons dormi, il y avait une bouilloire ou de l'eau chaude à disposition (cela confirme bien le fait que l'eau ne doit pas être très potable, nous utilisons chaque jour des pastilles « micropur » pour la purifier). Nous avons enfin franchi un cap et acheté du thé lors d'un marché à Ya'an. Il nous aide à faire passer le gâteau. Ça y est, nous sommes de vrais chinois !




















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